Formes diverses

Les croix diffèrent d’abord par leur croisillon qui sont

de plusieurs types et dont voici les principaux modèles :

TYPES DE CROIX.jpg

Le trèfle à l’extrémité de la croix représente la Sainte-Trinité, tout comme le triangle placé au-dessus du Christ.
La fleur de Lys représente la blancheur, donc la pureté, mais par sa forme, elle évoque la Sainte-Trinité.
Le cercle est le symbole de la présence divine, attentive aux hommes. Il peut être vide ou entourer une croix.

Le chiffre 8 évoque la résurrection de Jésus qui s’accomplit le lendemain du septième jour, qui est le sabbat. Il faut noter que deux volutes en S entrelacées forment un 8.

 

Il peut se rajouter des symboles comme : petites croix, cœurs, couronnes, soleil, lune, coquille, bâton de pèlerin, agneau, fleur de lys, étoiles…

Sur les croix "écotées" ou "à écots" (voir dessin ci-dessous) on trouve la représentation d'un tronc dont les menues branches ont été coupées. Elles symbolisent probablement l'arbre de vie opposé à l'arbre du paradis terrestre, thème développé sous l'impulsion de saint Justin, saint Bonaventure et Honorius d'Autun au XIIIe siècle.  Les écots ou bubons sont également présentés comme preuve du passage de la peste, la croix devait conjurer le mal.

 


L’inscription INRI figure sur la plupart des croix depuis le XVIIe siècle. Le titulus est généralement inscrit sur la partie supérieure du bras vertical, plus rarement au centre du croisillon. Suivant l’usage antique, une planchette, indiquant le motif de la condamnation, avait été fixée au-dessus de la tête du Christ. Saint Jean,qui avait assisté au supplice, nous livre la teneur complète du texte dicté par Pilate : « Jesus Nazarenus Rex Iudaeorum « (XIX,19) (Jésus de Nazareth Roi des Juifs).
C’est dans certains cas l’unique inscription visible. Le tailleur de pierre ne sachant souvent ni lire ni écrire, il arrive que le titulus soit incomplet ou à peine ébauché. Il est parfois fait usage du monogramme « IHS » interprété comme les initiales des mots « Iesus Hominum Salvator » (Jésus Sauveur de l’Homme) suivi occasionnellement des lettres M et A (séparées ou entrelacées), monogramme de Marie ou AM pour Ave Maria. Le H peut parfois être surmonté d’une croix, il est éventuellement représenté seul, le I et le S étant oubliés.

                                                                             Une partie de la croix livre parfois

                                                                             un millésime, comme ici 1667.

Il y a en la matière des particularismes régionaux. L’art des croix obéissant à des traditions bien particulières, on ne s’étonnera pas que des tendances très variées se manifestent d’une région à une autre. A l’intérieur du Massif Central, on observe des contrastes marqués entre régions voisines. Par exemple, selon les lieux et les époques, le Christ est représenté différemment : position des bras plus ou moins haute, jambes parallèles ou croisées.

Le Bas-Limousin offre à lui seul deux types totalement indépendants : le type à double traverse, assez spécifique du plateau de Millevaches, et le type discoïdal, avec de nombreuses formes dérivées, répandu depuis le pays d’Ussel jusqu’à la Xaintrie. La présence du type discoïdal ou rouelle est due à l’œuvre des Templiers et des Hospitaliers qui étaient fortement implantés en Bas-Limousin et qui sont reconnus comme les vecteurs des traditions celtiques.

Parmi les représentations figurant sur les croix en pierre, on trouve notamment les instruments de la Passion :

le marteau et les tenailles, l’échelle, les trois clous de la crucifixion, la lance et le porte-éponge, le fouet de la flagellation et la main du “soufflet”, l’aiguière de Ponce Pilate, le calice qui a recueilli le sang du Christ, les trente deniers de Judas. (voir également Croix de Mission, en fer forgé).

Certaines croix sont accompagnées d'un texte souvent inscrit sur leur socle. Quelques exemples : 

Vous qui pleurez, venez à Dieu, car il pleure,
Vous qui souffrez, venez à lui, car il guérit
Vous qui tremblez, venez à lui, car il sourit
Vous qui passez, venez à lui, car il demeure.

                                               Victor HUGO

Passant par ce chemin
Élève icy tes yeux
Et apprens que la croix
Est le chemin des cieux
Croix de 1685
Gerzat (Puy-de-Dome)

Pense à ta mort

et tu ne pécheras pas
Près de Cahus (Lot)

(voir galerie)

Tous ceux qui lire scauront
un Pater Ave diront

Davayat (Puy de Dôme)

Les croix de chemins, de carrefours et de cimetières n’étaient pas toujours taillées dans de la pierre, du marbre ou du granit ; on en élevait en bois, fichées dans un socle de pierre. Il n’est pas besoin de dire que celles-ci sont détruites depuis longtemps ; on n’en peut constater l’existence que par la présence de ces socles de pierre percés d’un trou carré que l’on rencontre encore dans la campagne et dans les cimetières. Parfois, une heureuse initiative a permis l'installation d'une croix de remplacement contemporaine.

PIED DE CROIX AVEC DATE.jpg

Croix à écots