Croix de Mission 

   À la signature de l’Edit de Nantes, en 1598, débutent les Missions, destinées à ranimer la ferveur du Catholicisme. Les Lazaristes, fondés par St Vincent de Paul en 1625, se consacrent spécialement aux missions dans les campagnes et ce jusqu’à la première moitié du XXe siècle. À partir du XVIIIe siècle surtout, les Missions se multiplient dans les paroisses. Les prêtres missionnaires organisent durant une dizaine de jours de nombreuses animations. Les Missions étant destinées à ranimer la ferveur du catholicisme, messes célébrés par des prédicateurs souvent étrangers à la région, processions, confessions massives et veillées de prière s’enchaînent, puis, pour fêter dignement la clôture de la Mission, on érige une croix. Parfois, certaines sont réhaussées de couleurs vives, suivant un usage qui n’est pas nouveau, comme l’indiquent beaucoup de noms de lieux anciens : la Croix Rousse, la Croix Blanche…

Beaucoup de croix de Mission sont de grandes croix édifiées en bonne place dans le village. Elles sont, selon l’époque d’origine, en bois, en fer forgé ou en fonte. À partir de 1840, le développement de l’industrie de la fonte porte un coup fatal à l’art du fer forgé. La fonte convient spécialement à la confection de grandes croix de mission, élevées un peu partout au cours du XIXe siècle. Malgré leurs dimensions imposantes, toutes ces croix ajourées sont constituées de la répétition régulière de motifs qui engendrent une certaine monotonie et font regretter la saveur artisanale des fers forgés. Il en existe toutefois de plus originales et attachantes. 

Commune de Mercœur (19)

Saint-Paul (19)

Cahus (46)

< Ci-contre, la Croix de Mission d’Argentat (Corrèze) est un beau modèle de croix en fer forgé. Un nombre important de symboles y figurent, rappelant le sacrifice de Jésus :

  • le coq, qui rappelle le reniement de saint Pierre, mais également symbole du retour de la lumière et de la résurrection

  • le marteau, outil de la crucifixion

  • les tenailles et l'échelle pour descendre le corps de Jésus de la Croix

  • le pichet contenant le vinaigre

  • le calice rappelant la Cène

  • la couronne d’épines

  • la main rappelant la gifle donnée à Jésus au procès

  • le rameau, Jésus acclamé par la foule.

Le cœur : symbole d’amour et du Sacré–Cœur, se retrouve sur de nombreuses croix de fer forgé, car le métal se prête à ce genre de décoration. Des cœurs jumelés représentent le cœur de Marie et de Jésus. Les volutes servant d’arcs-boutants pour maintenir le calvaire sur son socle de pierre forment des cœurs. Dans ce cas, deux volutes forment un cœur représenté à l’envers. Le cœur a aussi un rapport avec le sang du Christ répandu sur la croix et il rappelle le sang de la Communion. La volute, qu’elle soit en demi-cercle ou en forme de S, est souvent utilisée pour former des cœurs. La volute en S symbolise, à l’origine, un mouvement d’unification reliant le ciel à la terre. 

 

Sainte-Féréole (19)

Saint-Robert (19)