Croix d'épidémie, de guérison

En période d’épidémie de peste, face à l’omniprésence de la mort, la Croix apparaît comme l’unique recours. Le Massif Central a été ravagé par cinq épidémies majeures (1348, 1526, 1565, 1587 et 1631). Ceci explique la présence de croix d’épidémies et particulièrement des croix écotées. L’écot, rameau de tronc d’arbre imparfaitement élagué, représenté en relief sur le fût de la croix (ou sur toute la croix), est alors assimilé par l’imagination populaire aux bubons de la peste également représentés sur d'autres croix (dites "à bubons") par des demi-sphères. Ces croix étaient érigées à l'occasion de la fin d'une épidémie pour remercier Dieu d'avoir épargné les survivants (les personnes atteintes de la maladie y déposaient une offrande), en même temps que ceux-ci, pour éviter de nouvelles épidémies, venaient frotter leur corps contre la croix, tradition qui s'est poursuivie jusqu'au XIXe siècle en certaines régions. Elles espéraient guérir par la grâce d’une intervention divine, mais la plupart du temps elles ne faisaient que déposer sur la croix des purulences porteuses du virus. La croix de peste fut au contraire un vecteur de transmission de l’épidémie.Mais les croix écotées ne sont certainement pas toutes des croix de peste. Le fût à écots peut également symboliser l'arbre de vie. 

 

D’autres croix étaient sensées favoriser la fécondité, guérir les animaux (voir ci-contre) ou guérir des maux divers : on confiait ses pieds à telle croix, on amenait les enfants qui tardaient à marcher à telle autre.                                                                            

 

CROIX ECOTS YTRAC 1.jpg

Croix à écots - Ytrac (Cantal)

Croix de la chapelle du Bois du Rat

Le but principal était d'obtenir la guérison des animaux. À la base de la croix plantée devant la chapelle, on pouvait voir le cercle tracé par les pieds des pèlerins qui devaient tourner trois fois autour de cette croix en tenant d'une main le montant usé par le frottement.